Inventaire de la céramique
médiévale et moderne
du Cantal

 

La céramique est un élément rarement absent dans tous les sites archéologiques fouillés ou prospectés. Elle constitue un artéfact appréciable pour préciser par exemple la date des différentes couches archéologiques ou du site où elle est découverte.

 

Lors de l’exploitation des résultats des fouilles, la céramique, comme tout le reste du mobilier découvert, est l'objet d'une série de manipulations pour favoriser son étude :

 - entière ou en fragments (tessons) la céramique reçoit une identification (année, lieu, couche stratigraphique) marquée à l'encre dans une partie discrète pour ne pas nuire à sa présentation dans une exposition ;

- il peut être intéressant d'en faire une pesée, surtout  lors d'une prospection ;

 - elle est bien sûr photographiée avec présence d’une échelle métrique sur le cliché ;

- puis elle est dessinée, l'ensemble des dessins formant une planche (voir les exemples ci-dessous. NB : À l'origine les planches sont de format A4 et l'échelle est de 1/1)

Planche de tessons de céramique du chastelet d'Antignac, dessin A. Rasinot (1)
Planche de tessons de céramique du chastelet d'Antignac, dessin A. Rasinot (3)
Planche de tessons de céramique du chastelet d'Antignac, dessin A. Rasinot (4)
Dessin d'une céramique du chastelet d'Antignac partiellementreconstituée (A.Rasinot)

 - Elle est dessinée à l'échelle 1/1, de profil, surtout pour les fragments significatifs qui permettent d'en imaginer la forme complète (rebords, fonds, anses) et bien sûr les framents qui possèdent un décor en relief. L'épaisseur est vérifiée  avec un pied à coulisse. Dans la mesure du possible, le tesson est restitué sur la planche de dessins verticalement ainsi que sa situation dans l'ensemble de la forme supposée, en précisant bien les angles matérialisé par un trait horizontal (par rapport à son positionnement horizontal) et les diamètres pour les rebords et les fonds. Les fragments de panses sont aussi dessinés s'ils ont des particularités, des décors colorés ou rapportés (cordons digités, passés à la molette, marque de potier, pastille etc.) 

- chaque tesson est étudié du point de vue de l'argile utilisée,  de sa cuisson (couleur de la pâte), de son dégraissant, et de l'utilisation qui a été la sienne lorsque la forme était complète. Une première approche typologique comparative permet quelques fois de déterminer un mode d'utilisation, une époque, une provenance potentielle vis-à-vis d'autres modèles significatifs  bien étudiés ailleurs. Mais quand la céramique est de production locale elle forme le plus souvent un tout spécifique. La datation à l'aide de la thermoluminescence permet de connaitre la date de fabrication, et les lames minces, les lieux d'extraction de l'argile ;

Photographie d'une céramique du chastelet d'Antignac partiellement reconstituée, dans sa partie haute (Cliché A. Rassinot)

- quand c'est possible les fragments sont rassemblés et recollés dans l'espoir de reconstituer une forme à peu près complète qui sera alors photographiée et dessinée ;

 - le résultat de ce travail est un élément essentiel de l'étude du mobilier dans le rapport de fouilles ou de prospection. L'idéal est de le publier pour le faire connaitre au plus grand nombre de chercheurs qui seraient susceptibles de s'en servir pour faire avancer leur propres travaux.



À ce jour aucune synthèse des productions de céramique dans le Cantal n’a été réalisée pour les époques médiévale et moderne. C’est pourquoi, un travail d’inventaire est en cours de réalisation (mené par Jehanne Turpin, doctorante).

 

Il s’attache dans un premier temps à répertorier les céramiques qui proviennent des sites archéologiques suivants :

- Site fortifié d’Oyez, commune de Saint-Simon ;

- Tour médiévale de  Falietz, commune de Velzic ;

- Village fortifié de Marcolès ;

- Nécropole de l’église de Lascelle ;

- Souterrains de Saint-Cirgues-de-Malbert (du bourg et de Trémont) ;

- Souterrain du bourg de Saint-Mamet ;

- Souterrain du bourg de Neuvéglise ;

- Souterrain de Brousse, commune d’Arnac ;

- Souterrain du bourg de Freix-Anglards ;

- Souterrain de Montbrun commune de Lavastrie ;

- Souterrain du bourg de Montvert.

 

Extrait de la RHA 2018-2, page 203 de l'article auquel a participé Florie-Anne Auxerre-Géron

Pour les période plus anciennes, (de la Protohistoire à Antiquité tardive) :


 Florie-Anne Auxerre-Géron a publié deux articles qui devront paraitre prochainement dans la RHA 2018-2, dont une vingtaine de planche de céramique.


- Florie-Anne Auxerre-Geron, "Essai de géographie protohistorique en Haute-Auvergne : nouvelles données et approches", RHA 2018
- Fabien Delrieu, Florie-Anne Auxerre-Géron, Sandra Cha­bert, et Cécile Moulin, "Les occupations protohistoriques et tardo-antiques du Suc de Lermu à Charmensac : état des lieux et données nouvelles", RHA 2018