Les souterrains du Cantal

Avertissements :
Les souterrains sont des sites archéologiques protégés par la loi sur l'archéologie de 1945.
L'accès à ces lieux ne peut se faire qu'avec l'accord écrit du propriétaire qu'il soit une personne privée ou une collectivité locale (communes, départements, régions, État).
Les fouilles clandestines y sont bien évidemment interdites, comme bien sûr l'utilisation de détecteurs de métaux.
Souterrain de Trémont


40 ans de recherches archéologiques au sujet des souterrains du Cantal


Ce sont des cavités creusées dans la roche par l’homme. Elles se distinguent des galeries de mine, par leur faible développement et les aménagements complexes : salles, silos, escaliers, portes, placards, niches, etc… Elles ne comportent pas de boisage des galeries.

"Médiévales", car les objets qu'on y découvre appartiennent principalement au Moyen Âge du 11e au 14e siècle.

Aucune trace connue dans les archives du Cantal. Quelques informations sur le sujet glanées par les érudits locaux du 19e siècle et de la première moitié du 20e siècle signalent ces cavités. Baignés de littérature romantique, ces auteurs les associaient systématiquement aux châteaux, que reliaient entre eux, sur des distances énormes, ces souterrains. Malheureusement ces hypothèses n’ont jamais pu être vérifiées à cause de l’éboulement des galeries qui n’étaient plus entretenues ; maintenant ainsi le mystère. Ces publications nous ont permis de débuter nos recherches.

Souterrain de Saint-Cirgues-de-Malbert

Par la suite, les découvertes fortuites, lors de travaux d’urbanisme ou ruraux, ainsi que les témoignages des habitants et de curieux, nous ont conduit à étudier plus d’une cinquantaine de souterrains médiévaux dans le Cantal.

Les caractéristiques communes de la plupart des souterrains sont : depuis une maison, un boyau assez étroit s’enfonce dans le sous-sol par un escalier, donnant accès à une grande galerie, qui dessert une salle. La galerie est équipée de niches, de conduits verticaux (cheminée d’aération ?). Elle se termine par un drain, qui débouche à flanc de talus.

Ces souterrains se développent à quelques mètres de profondeur (2 à 5 m en moyenne) sous une maison ou un hameau et leur parcours ne dépasse pas 50 à 60 mètres de distance et non des kilomètres, d’un château à l’autre, comme les différentes légendes et les croyances populaires à ce sujet, l’affirment encore de nos jours.

Si leur période d’utilisation ne génère plus de doute, leur utilisation n’est pas clairement définie et nous laisse bien perplexe. Beaucoup d’interrogations demeurent à leur sujet : ils constituent encore de nos jours une énigme.

 

Cette carte du Cantal localise les souterrains que nous avons étudié depuis 1977.

La partie sud-ouest est la mieux représentée en raison d’un habitat plus dense, qui fait l’objet de nombreux travaux agricoles et urbain. Cette partie du département comporte un sous-sol, par sa nature géologique « fragile » vis-à-vis des terrassements, vecteur de découvertes fortuites.

Résidant à Aurillac, cette région nous est plus familière et notre réseau d’informateurs plus présent et efficace.

Les souterrains sont principalement implantés sur les plateaux ou interfluves. Ils sont quasiment absents des fonds de vallées inondables.

 

 

Bien qu’il n’y ait pas d’architecture type ou de formes strictement similaires parmi les souterrains du Cantal, nous pouvons distinguer trois plans différents.

Une forme simple, à savoir une galerie annulaire autour d’un pilier central : nous les appelons « annulaires ».

A l’opposé, un réseau complexe de galeries et boyaux rectilignes desservant ou pas des salles et silos : ils sont désignés « ramifiés ».

Certains souterrains se composent de plusieurs salles reliées entre elles par des boyaux : nous les appelons « cubiculaires ». 

Souterrain de Montvert

Bibliographie


Rassinot (Annie) et Usse (Jean-Philippe), "Les énigmatiques souterrains aménagés entre Doire et Bertrande", RHA, 2016 (PDF)

Usse (Annie et Jean-Philippe), « Habitats troglodytiques, souterrains médiévaux et galeries artificielles du Cantal », Bulletin archéologique de la région d’Aurillac (BARA) n° 7, Aurillac, 1998.

Aymar (Alphonse), « Inventaire des souterrains et excavations artificielles du Cantal », BSPF (Bulletin de la Société préhistorique française), t. XVI, 1919, pp.89-104.

Usse (Annie et Jean-Philippe), « Le Souterrain de Trémont, commune de Saint-Cirgues-de-Malbert », RHA, t.48, avril-juin, 1982, p. 455-470.

Fournand (Sandrine), « RD 120 » et Carlier (Mathieu), « Laroquebrou, Bois-Grand » dans Service Régional de l'archéologie, Bilan d'activité du service régional d'archéologique - Auvergne 2014, Aurillac, 2015, p. 35-38

Rassinot (Annie) et Usse (Jean-Philippe),  "Trois exemples d'occupation troglodytique entre Doire et Bertrande", RHA, 2016.

Sauget (Bernadette & Jean-Michel), Usse (Annie et Jean-Philippe), "Les caractères généraux du troglodytisme en Auvergne, Acte du IIe colloque sur le patrimoine troglodytique", Les Eyzies de tayac, Éd. CPIE, Collection Les Cahiers de Commarques, 1998.

Carlier (Mathieu), " le souterrain du Caire  (commune de Laroquebrou) et l'ancienne route royale", RHA, 2017 juillet-août, septembre.

Usse (Jean-Philippe) et Rassinot (Annie), "Sauvegarde des souterrains médiévaux d’Arnac et de Montvert (Cantal)", RHA, t.80,2018, p.49