Région d'Aurillac

Les premières photographies au début des fouilles

Temple gallo-romain d’Aron

 

Les vestiges du  monument ont été découverts fortuitement en 1977 lors de l’aménagement d’une zone industrielle à Aurillac. Plusieurs campagnes de fouilles (sauvetage puis programmation) ont confirmé la présence d’un fanum, c'est-à-dire d’un petit sanctuaire de campagne, des 1er et IIe siècles après JC. Il a été classé en 1980 et a fait l’objet d’une conservation très sommaire des vestiges plutôt que d’un comblement. C’est une découverte originale car ce sanctuaire gallo-romain présente, non pas un plan à emboitement de 2 carrés (cella, et galerie), comme on peut en voir couramment en Gaule romaine, mais de 2 polygones à 16 pans. On peut dire aussi qu’il est un exemple du syncrétisme entre les panthéons gréco-romains et gaulois. D’une part le plan est caractéristique des sanctuaires gallo-romains (une cella centrale dédiée à la statue de la divinité, et dont l’accès était réservé aux prêtres, entourée d’un déambulatoire qui permettait aux pèlerins de circuler autour) et d’autre part, il est conjugué avec une décoration architecturale significative de l’art romain (colonnes cannelées de style corinthien, utilisation pour les couvertures de tegulae, d’imbrex et d’antéfixes, soubassement des murs en petit appareil en opus vitatum : tous éléments significatifs des techniques de construction romaine). Notons aussi la présence de visages de personnages assimilés à des gaulois puisqu’ils portent des torques, sculptés parmi les feuilles d’acanthe des chapiteaux (musée d’art de d’archéologie d’Aurillac). Comme il est le seul vestige de l’époque gallo-romaine connu à Aurillac, et assez excentré par rapport à la ville médiévale (dont les origines remontent au 9e siècle à la création de l’abbaye par le comte Géraud), on suppose qu’il a pu être édifié pour participer à la romanisation des campagnes gauloises pendant la grande Paix romaine. Des vestiges conséquents sont encore visibles au sol : le soubassement de la cella en petit appareil à assise réglée en roches calcaires blanches, provenant du bassin d’Aurillac, a été conservé dans son intégralité. Celui du déambulatoire, dont les parements sont en pierres volcaniques grises, est ponctué par quelques bases de colonne subsistant sur le site. Il n’est que partiellement conservé car il a été très abimé lors de la découverte par la tranchée qui l’a mis au jour. Les fouilles n’ont pas permis de connaitre l’emplacement de la porte d’accès, vraisemblablement à l’est, ni la statue de la divinité honorée dans ce lieu.  On peut voir les vestiges architecturaux et de nombreux objets découverts à Aron au musée d’Art et d’Archéologie d’Aurillac, ainsi que plusieurs maquettes et dessins qui permettent de mieux comprendre la volumétrie et l’importance du site malheureusement délaissé.

Traduction en chinois
Fanum d'Aron



Les vestiges du monument ont été découverts fortuitement en 1977 lors de l’aménagement d’une zone industrielle à Aurillac. Plusieurs campagnes de fouilles (sauvetage puis programmation) ont confirmé la présence d’un fanum, c'est-à-dire d’un petit sanctuaire de campagne, des Ier et IIe siècles après J.C.


Une découverte originale


Il a été classé en 1980 et a fait l’objet d’une conservation très sommaire des vestiges plutôt que d’un comblement. C’est une découverte originale car ce sanctuaire gallo-romain présente, non pas un plan à emboitement de 2 carrés (cella, et galerie), comme on peut en voir couramment en Gaule romaine, mais de 2 polygones à 16 pans.


Un exemple de syncrétisme religieux


On peut dire aussi qu’il est un exemple du syncrétisme entre les panthéons gréco-romains et gaulois. D’une part le plan est caractéristique des sanctuaires gallo-romains (une cella centrale dédiée à la statue de la divinité, et dont l’accès était réservé aux prêtres, entourée d’un déambulatoire qui permettait aux pèlerins de circuler autour) et d’autre part, il est conjugué avec une décoration architecturale significative de l’art romain (colonnes cannelées de style corinthien, utilisation pour les couvertures de tegulae, d’imbrex et d’antéfixes, soubassement des murs en petit appareil en opus vitatum : tous éléments significatifs des techniques de construction romaine). Notons aussi la présence de visages de personnages assimilés à des gaulois puisqu’ils portent des torques, sculptés parmi les feuilles d’acanthe des chapiteaux (musée d’art de d’archéologie d’Aurillac). Comme il est le seul vestige de l’époque gallo-romaine connu à Aurillac, et assez excentré par rapport à la ville médiévale (dont les origines remonteraient au IXe siècle à la création de l’abbaye par le comte Géraud), on suppose qu’il a pu être édifié pour participer à la romanisation des campagnes gauloises pendant la grande Paix romaine.


Des vestiges conséquents


Ils sont encore visibles au sol : le soubassement de la cella en petit appareil à assise réglée en roches calcaires blanches, provenant du bassin d’Aurillac, a été conservé dans son intégralité.

Celui du déambulatoire, dont les parements sont en pierres volcaniques grises, est ponctué par quelques bases de colonne subsistant sur le site. Il n’est que partiellement conservé car il a été très abimé lors de la découverte par la tranchée qui l’a mis au jour. Les fouilles n’ont pas permis de connaitre l’emplacement de la porte d’accès, vraisemblablement à l’est, ni la statue de la divinité honorée dans ce lieu.


Une exposition des vestiges au musée


On peut voir les vestiges architecturaux (fût de colonne cannelée, chapiteaux etc.) et de nombreux objets découverts à Aron au musée d’art et d’archéologie d’Aurillac, ainsi que plusieurs maquettes et dessins qui permettent de mieux comprendre la volumétrie et l’importance du site malheureusement délaissé.


Il existe une plaquette pédagogique à l'usage des élèves de 6è ( en histoire) ou 5è (classe de latin) pour permettre une lecture du site ainsi que celle des vestiges conservés au musée d'art et d'archéologie d'Aurillac. Télécharger le pdf sur le site du rectorat.


Dessin Jean-Philippe Usse
Salle capitulaire ?


L'abbaye Saint-Géraud

La société Mosaïque Archéologie a été en charge des fouilles archéologiques concernant l'îlot Saint-Géraud depuis novembre 2013, après le diagnostic archéologique réalisé en 2012 par l'INRAP.

La phase 1 s'achève. La phase 2 débute fin août 2014.

juillet 2015 : Les fouilles sont arrêtées le site est recouvert de sable, inscrit au titre des monuments historiques.


Pour les enseignants, vous trouverez des informations en cliquant  : Aurillac et Saint-Géraud sur le site pédagogique du rectorat de Clermont-Ferrand 

Pour plus d'informations :


http://www.cantal.gouv.fr/aurillac-ancienne-abbaye-st-geraud-a3428.html
http://www.haute-auvergne.org/FouillesstgeraudRassinot.htm
http://www.aurillac.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=1183:un-patrimoine-exceptionnel-sort-de-terre-&catid=34:slideshow
http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_d%27Aurillac
http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9raud_d%27Aurillac

L'équipe de l'INRAP dans le cadre du diagnostic de l'îlot des frères Charmes après la démolition du magasin appuyé sur les vestiges des remparts.

L'îlot des frères Charmes


C'est un quartier qui depuis le Moyen Âge a participé à la grandeur de notre cité.

( à cette occasion, La SARA a fourni un dossier sur "Les fortifications de la ville d'Aurillac" à l'INRAP dans le cadre de son diagnostic).

 

1)      Les  vestiges du mur de fortification dont l’importance est hautement symbolique puisque ce rempart a été construit par les « bourgeois » qui se sont battus contre le seigneur-abbé d’Aurillac et qui ont obtenu, grâce à l’arbitrage du roi, signifié dans les « Paix d’Aurillac », la liberté de se gouverner eux-mêmes. De tels vestiges méritent une mise en valeur car ils témoignent d’une ville devenue autonome, lointaine origine de l’actuelle municipalité.

 

2)      L’étude archéologique des sous-sols de ce quartier devrait, comme on peut s’en douter, déceler d’autres vestiges archéologiques : puits, rez-de-chaussée de magasins voûtés en ogives transformés en caves, fossés du rempart etc. Des témoignages qui eux aussi, sinon d’être mis en valeur, mériteraient au moins d’être correctement fouillés pour en retirer des informations scientifiques utiles à la connaissance de l’histoire de notre ville.

 

3)   Les périodes qui suivent le Moyen Âge ne sont pas à dénigrer pour autant : la magnifique porte monumentale du XVIIIe siècle, rue du Rieu qui sert d’entrée à la Poste est la partie visible de cet hôtel particulier de la Dorinière, enchâssé dans le bâtiment public. Côté gravier, par contre, on ne saurait se plaindre de la modernisation du lieu qui a gratifié Aurillac d’une de ses rares façades « art déco ». Certes, celle-ci est plutôt sobre, mais harmonieuse, bien visible des passants, et particulièrement emblématique puisqu’elle supporte le blason de la ville d’Aurillac. Elle participe à la monumentalité de la place du Gravier, avec des bâtiments comme celui de la Préfecture ou du Grand hôtel Bordeaux.

 

Il serait souhaitable d’imaginer un projet architectural capable d’intégrer ces éléments (les vestiges du rempart), plutôt que de les déplacer (où ira la porte de l’hôtel de la Dorinière ?) ou de les détruire (la façade art déco de la Poste).


Bibliographie


Usse (Jean-Philippe), "Itinéraire art déco dans le centre ville d'Aurillac", RHA, janvier, février, mars, 2016.


Démolition de l'îlot des frères Charmes. À gauche le rempart de la ville qui a été conservé
Fig. 1: Extraits de la matrice cadastrale

La chapelle du château Saint-Etienne

 

Grâce aux documents conservés aux archives départementales du Cantal (fonds Jean Delmas), la vente des biens nationaux (ADC, 27 J 210 1790-1802), nous avons pu déterminer où se trouvait la chapelle du château Saint-Etienne. En voici un extrait éloquent (n° 241 du cahier) :


 « Au 16 thermidor de l’an 4 … avons par les présentes vendu à la citoyenne Jeanne Françoise Barral veuve Fontanges habitante de la commune d’Aurillac… une petite chapelle dite l’église de Saint Etienne couverte de tuiles grises, au fond de laquelle est une tribune qui fut vendue avec le passage souterrain qui communique d’icelle du cy devant château à ladite veuve Fontanges par le cy devant district d’Aurillac le 9 février 1791.

    Le cimetière joignant et un grand rocher qui est au derrière et sur lequel ladite église de trouve bâtie, ayant ladite église en superficie 12 toises (23,38m) quarrées, le cimetière, passage et rocher environ 60 toises (116,94m),

-          confrontant le tout du levant avec terre, nouveaux bâtiments et jardins du citoyen Bac potier de terre par lui ci devant acquis de la Nation,

-          du Midi avec jardin de la Citoyenne veuve Fontanges,

-          du couchant avec ledit passage souterrain et terrasse de ladite veuve Fontanges en ce compris la tribune à elle appartenant

-          et au nord avec le rocher dépendant de ladite terrasse et avec ladite terre dudit Bac ; le tout situé à Saint- Etienne lez la commune d’Aurillac provenant du ci devant clergé…

évalué…par le procès-verbal d’estimation du 2 de ce mois du citoyen Jacques Joseph Lasmoles, expert nommé par la citoyenne Fontanges par la commission du 23 floréal 9 et n° 58 et JB Vicincasard expert nommé par délibération de cette administration du 28 prairial…360 livres (S) Barral veuve Fontanges, Volivier, Besse, Avril las, commune à Aurillac le 19 thermidor an 4 R 16 livres  Brunon »

 

Les éléments de localisation de ce texte ont été retrouvés dans la matrice cadastrale (Fig. 1), puis identifiés sur le cadastre Napoléon (Fig. 2) et en final retrouvés sur le terrain (Fig. 3).

Fig. 2 : Cadastre napoleonien
Fig. 3 : Petite maison semi-troglodytique dont il reste la cheminée. Au dessus, à gauche, l'emplacement de la chapelle
Le château Saint-Etienne avant l'incendie