La recherche archéologique

Sondage archéologique à Oyez (Saint-Simon)


Les sites fortifiés du Cantal


Le relief de moyenne montagne du Cantal a facilité l'installation de fortifications par l'utilisation des nombreux promontoires. Ces sites défensifs témoignent de l'occupation de la montagne cantalienne par l'homme dès la protohistoire. De nombreux châteaux actuels ont pérennisé ces lieux ; mais beaucoup de ces fortifications disparues laissent leurs empreintes dans le sol. Ce sont ces vestiges qui font l'objet d'un inventaire départemental et d'une étude archéologique ciblée, à l’exemple du site d’Oyez commune de Saint-Simon, ou de la tour de Falhiès, tous deux ayant fait l’objet de sondages archéologiques, et d’une mise en valeur touristique, pour Oyez.

Plan d'ensemble du site archéologique
Exemple de panneau d'information sur le site d'Oyez
panneau de proposition de restitution à Oyez
Panneau de proposition de restitution de la barbacane
Panneau de proposition de resitution de la tour sommitale d'Oyez
Panneau de proposition de restitution de la partie sommitale du site défensifselon les observations résultant des fouilles
Vue générale du site fortifié d'Oyez

Plusieurs thèmes de recherches font l’objet de travaux de la part de la SARA. Ils sont entrepris, soit dans le cadre de programmes communs, à l’exemple des sarcophages pour le PCR (programme collectif de recherches) de Saint-Géraud d’Aurillac, soit en accompagnement d’étudiants, dans leur cursus universitaire comme c'est le cas pour l'étude des tours médiévales, soit pour des recherches spécifiques s’inscrivant dans des domaines dont les connaissances historiques locales font défaut, à l’exemple des souterrains ou de l’habitat troglodytique, ainsi que les sites fortifiés.

Tournemire

Les cavités artificielles du département du Cantal


Les cavités artificielles font l'objet depuis plus de 40 ans d’un inventaire systématique. Leur étude comprend la topographie, les prises de vues des sites, le dépouillement de la documentation tant archivistique que bibliographique à leur sujet.

Ces cavités se composent de grottes et de parois de falaises ayant fait l’objet d’aménagements, mais aussi de souterrains, de galeries de mines et de captages d’eau.

Ces vestiges sont abondants dans le département, ils n'ont pas encore révélé tous les mystères qu'ils recèlent. Ils ont, semble-t-il, servi d'abris à l’époque préhistorique ; d’habitats et de caves de stockage pour les denrées aux périodes médiévale et moderne ; de galeries de captage d'eau ;  de galeries pour l’exploitation des ressources minières à la fin du 19e et au début du 20e siècle.

Ces cavités sont les témoins de l’histoire rurale et industrielle du Cantal, elles sont menacées de destruction pour des raisons de sécurité ou par la méconnaissance du public qui ne perçoit dans ces lieux les derniers vestiges d'une population modeste dont il ne reste que peu sinon pas de témoignages. C'est pourquoi, leur étude archéologique est nécessaire.

Grotte de Lavergne (Tournemire)

Les habitats troglodytiques


Ces habitats en pied de falaise, constituent une richesse archéologique principalement dans les vallées du massif cantalien. Ils sont connus surtout à travers les abris-sous-roche occupés par l'homme préhistorique. Mais ces habitats recèlent d'autres types d'occupation humaine : des  habitats en bois accolés à la falaise, qu’ils soient civils, militaires ou religieux ont été édifiés à des époques historiques. Ces habitats se présentent sous forme de grottes transformées, ou de cavités creusées dans la falaise sur plusieurs niveaux, et bien souvent par l’équipement de la falaise avec des placards, des niches,des larmiers et des trous de boulin. Ces derniers servaient d'accroches aux structures en bois : cloison, plancher, toit, etc.  

La présence humaine sur ces sites de paroi a été quasi permanente tout au long de notre histoire ; même si elle n'a laissé que peu de traces. La méconnaissance de ce phénomène justifie d'y consacrer des moyens de recherches archéologiques.


Bibliographie


- Sauget (Bernadette et Jean-Michel) – Usse (A. et J.-P.), Les caractères généraux du troglodytisme en Auvergne Acte du IIème colloque sur le patrimoine troglodytique Collection Les Cahiers de Commarques, 1998.

- Sauget (Jean-Michel) et Usse (Jean-Philippe), Auvergne, habitat troglodytique et souterrain n° 301 –Dossiers d’Archéologie, Faton, p.38-43, 2005.

- Usse (Annie et Jean-Philippe), Habitats troglodytiques et galeries artificielles du Cantal, BARA n°7, 1998.

- Rassinot (Annie) et Usse (Jean-Philippe), "Habitats troglodytiques à Besse et Tournemire", RHA, 2016, avril-juin, p. 183-204.

Usse (Jean-Philippe) et Rassinot (Annie),  "Sauvegarder des souterrains médiévaux à Arnac et à Montvert", RHA 2018, t. 80, janvier-mars 2018, p.85.

Souterrain de Montvert


Les souterrains médiévaux du Cantal


Ce sont des cavités creusées dans la roche par l’homme. Elles se distinguent des galeries de mine, par leur faible développement et les aménagements complexes : salles, silos, escaliers, portes, placards, niches, etc… Elles ne comportent pas de boisage des galeries.

"Médiévales", car les objets qu'on y découvre appartiennent principalement au Moyen Âge du 11e au 14e siècle.

Les caractéristiques communes de la plupart des souterrains sont : depuis une maison, un boyau assez étroit s’enfonce dans le sous-sol par un escalier, donnant accès à une grande galerie, qui dessert une salle. La galerie est équipée de niches, de conduits verticaux (cheminée d’aération). Elle se termine par un drain, qui débouche à flanc de talus.

Ces souterrains se développent à quelques mètres de profondeur (2 à 5 m en moyenne) sous une maison ou un hameau et leur parcours ne dépasse pas 50 à 60 mètres de distance et non des kilomètres, d’un château à l’autre, comme les différentes légendes et la croyance populaire à ce sujet, l’affirment.

Si leur période d’utilisation ne génère plus de doute, leur utilisation n’est pas clairement définie et nous laisse bien perplexe. Beaucoup d’interrogations demeurent à leur sujet : ils constituent encore de nos jours une énigme.


Bibliographie


- Usse (Annie et Jean-Philippe), "Le Souterrain de Trémont, commune de Saint-Cirgues-de-Malbert" - RHA, t. 48, avril-juin1982, p. 455-470 .

- Usse (Annie et Jean-Philippe), "Les souterrains aménagés du Cantal", Bulletin de la société archéologique de la région d'Aurillac, n° 2, 1989.

- Usse (Annie et Jean-Philippe), "Les souterrains du Cantal", Subterranéa, n° 88 décembre 1993.

 - Sauget (Jean-Michel) et Usse (Jean-Philippe), "Auvergne, habitat troglodytique et souterrain", Dossiers d’Archéologie n° 301, Faton, p.38-43, 2005.

- Rassinot (Annie) et Usse (Jean-Philippe), "Les énigmatiques souterrains aménagés entre Doire et Bertrande", RHA, 2016, avril-juin, p. 165.

Tour de Marzes (Cliché J.-P. Usse, 2017)


Les tours carrées du Cantal


Ces recherches prennent un caractère plus spécifique dans le cadre d’accompagnement d’étudiant, à l’exemple de l’étude sur les tours carrées de l’époque médiévale. Ces bâtiments caractéristiques des éléments défensifs de notre région de montagne, sont mal datés fautes de documents d’archives relatifs à leur construction. Pas de fouilles archéologiques sur ces édifices, hormis des sondages sur le pourtour de la tour de Falhiès à Velzic.

Une campagne de prélèvements de mortier à l’intérieur des murs de ces tours à base carrée est engagée. Elle a pour but d’analyser les charbons de bois présents dans la chaux et de les dater par le carbone 14.

 

Bibliographie


- Usse (Jean-Philippe) et Rassinot (Annie), "Archéologie en Jordanne. Trois aspects de la période historique. Église de Lascelle, sites fortifiés d’Oyez et Falhiès et habitat troglodytique", RHA, 2010, avril-juin, p. 188-206.

Sarcophage paléochrétien propriété de la commune d'Arpajon-sur-Cère


Inventaire des sarcophages du Cantal


Les sondages archéologiques de la place de la République (commune d'Arpajon-sur-Cère) réalisées en 1988, ont révélé la présence de 17 sarcophages, étagées sur plusieurs niveaux. Un inventaire localisé au sud-ouest du département a été engagé. Les résultats sont publiés dans le Bulletin de la société d'Archéologie de la région d'Aurillac en 1990. Un supplément est ajouté dans la même revue en 2000, à l’occasion des travaux de la place de la mairie à Aurillac et de la découverte de sarcophages. Lors des fouilles préventives, réalisées en 2015 et 2016, dans l’enclos de la Sainte-Famille, la mise au jour de nombreux sarcophages a relancé ce thème de recherche, qui figure dans les objectifs du PCR de Saint-Géraud à Aurillac. Ce programme est une opportunité pour étendre à l’ensemble du département du Cantal cet inventaire typo chronologique des cuves et couvercles de sarcophages.

 

 

Bibliographie


-  Usse (Jean-Philippe): " Inventaire des sarcophages du sud cantalien", Bulletin de la société archéologique de la région d'Aurillac, n° 4, 1990, p. 32-72.

- Usse (Jean-Philippe), "À propos des sarcophages de Notre Dame d'Aurillac", Bulletin de la société archéologique de la région d'Aurillac, n° 8, 2000, p. 59-63.

- Usse (Jean-Philippe) et Rassinot (Annie), "les sarcophages de l'Antiquité tardive et du Haut-Moyen Âge", RHA, t.80, janvier mars 2018, p. 49.

 

Céramique globulaire montée au colombin avec rebord.


Inventaire de la céramique médiévale et moderne du Cantal


Ce travail de recherche a pour objectif de répertorier, classifier et proposer une datation des productions de céramiques médiévales et modernes du Cantal.

Cette recherche est réalisée à partir de l’ensemble des poteries et tessons de céramique provenant des fouilles archéologiques de la SARA, sur les sites fortifiés de Marcolès, Oyez et Falhiès , de la nécropole de Lascelle et des souterrains médiévaux (Arnac, Neuvéglise, Saint-Cirgues-de-Malbert, Saint-Mamet, Freix-Anglards, Lavastrie, etc.)

Les Planquettes, août 1999


Barrage de Saint-Etienne-Cantalès


A l’occasion de la vidange du lac du barrage de Saint-Etienne-Cantalès en 1999, une prospection archéologique a été mise en place par la Société archéologique de la région d’Aurillac, sur les terrains décapés par l'eau (disparition de la végétation et de l’humus), facilitant ainsi la recherche de vestiges, témoins de l’occupation humaine. Cette région, qui jusqu’à ce jour apparaissait pauvre en sites préhistoriques, se révèle aussi riche que les autres parties du département, seule la nature de l'occupation est différente : habitat de plein air plutôt qu'habitat en pied de falaise ou grotte.


Biblio : Surmely (Frédéric), Usse (Jean-Philippe), Murat (René), « Nouvelles données sur l'occupation mésolithique de Rénac (Saint-Gérons, Cantal) », Bulletin Préhistorique du Sud-Ouest, n°19, 2011.