L'actualité de l'archéologie et de l'histoire locale

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actuel village de Soulages
La maison de Regnarès à escalier exterieur
Saint-Prax
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Site archéologique de Rissergues lors des journées nationales de l'archéologie (Malbo)

Journée nationale de l’archéologie dans le Cantal (16 juin 2018)


Dans le cadre des journées nationales de l’archéologie, le Pays d’Art et d’Histoire de Saint-Flour a organisé une visite guidée par Frédéric Surmely (conservateur au SARA) des fouilles des vestiges médiévaux du hameau de Rissergues, commune de Malbo.

Le site archéologique de Rissergues (classé monument historique) a été fouillé sous la direction de Frédéric Surmely en 2010 et 2011, en partie. Le site a été aménagé afin de recevoir le public. Un cheminement permet de découvrir des vestiges de bâtiments en pierres sèches. Des panneaux d’information présentent les résultats de ces recherches. Dans le bourg de Malbo, une salle d’exposition (le grenier de Lili) est consacrée à l’ensemble des recherches archéologiques réalisées entre 2000 et 2011, sur le secteur du sud du Plomb du Cantal. La présentation permet de découvrir l’histoire de ces montagnes de la préhistoire à nos jours.

Plus d’infos : http://www.risserguesarcheologie.sitew.fr/#Presentation_du_site_.A

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Pour en savoir plus, nous vous recommandons la lecture du livre :

Éditions Terre Ancienne – 3 rue Grégoire de Tours 63000 Clermont-Ferrand, 2015, 74 p., nb ill. couleurs, 10 € (Avec le soutien de la FAAC)


« Ce qu’il y a de plus difficile à connaître, c’est le futur »…

C’est sur ce petit « clin d’œil » que s’ouvre le livre de Frédéric Surmely, consacré aux recherches archéologiques menées sur la planèze sud du Plomb du Cantal, de 2000 à 2011.

Avant ces investigations, la zone était considérée comme inhospitalière et peu fréquentée dans le passé, du fait de l’altitude, du climat rude, du froid, du vent violent. On voyait plutôt nos ancêtres nichés dans au cœur des profondes vallées, et les plateaux réservés aux vaches. L’équipe de chercheurs a renversé ces idées préconçues. Ils ont choisi un large secteur de montagne, près de 70 km², sur les communes de Saint-Clément, Pailherols, Lacapelle-Barrès, Malbo, Cézens et Brezons. Pendant des années, les archéologues ont sillonné les plateaux, marchant, la tête baissée, à la recherche des indices de présence humaine : éclats de silex taillés, fragments de poterie, ruines de construction, tertre artificiel. Tout a été localisé, repéré, enregistré. Puis les mêmes chercheurs ont ouvert des sondages dans les sites jugés les plus prometteurs ou représentatifs. Des centaines d’heures de travail d’équipe à fouiller les montagnes, sous le soleil, la pluie… et parfois la neige. Le bilan est extraordinaire et il est exposé dans le livre. Ce sont plus de 800 sites archéologiques de toutes époques, qui ont été découverts et parfois fouillés, allant de la Préhistoire au XVIIIe siècle. Presque 10 000 ans d’histoire exhumés et analysés. Dans le même temps, l’équipe pluridisciplinaire de recherche, animée par Frédéric Surmely, Yannick Miras et Violaine Nicolas, a étudié les archives, déniché des documents et des plans anciens, fait des survols aériens et même interrogé des habitants des alentours, pour récupérer toutes les informations possibles et les croiser. Des prélèvements ont été faits dans les tourbières pour retrouver les pollens et reconstituer l’histoire de la végétation et de l’impact de l’homme sur le milieu naturel.  D’autres spécialistes ont analysé les graines et les charbons de bois.

L’abondance des sites archéologiques n’a pas été la seule surprise pour les archéologues. Il y en a eu beaucoup d’autres, qui ont eu une portée régionale, voire nationale. La découverte de plusieurs sites datant du tout début de l’agriculture en France, ce qui peut paraître insolite dans ce secteur de montagne. À l’inverse la mise en évidence que les supposés « tumulus » funéraires n’étaient que de simples tas de pierres, lors de l’épierrage des terrains. Les archéologues ont aussi laminé la vieille idée de la montagne, « milieu immuable, terre d’inertie, où rien ne change ». Les montagnes ont évolué vite, en liaison avec les secteurs environnants. Vers la fin du XIIIe siècle, elles ont été le cadre d’un véritable bouleversement, avec le passage d’une économie agro-pastorale traditionnelle au système saisonnier et spéculatif de l’estive bovine. Les fermes et hameaux qui étaient établis jusqu’à 1280 m d’altitude, à côtés des champs de seigle, ont été abandonnés et ont fait place aux premiers burons. Une vraie révolution dans les activités et les paysages, qui est aussi le sujet de la thèse de Violaine Nicolas. Les travaux archéologiques ont permis de reconstituer l’évolution des structures pastorales, depuis les premières « cabanes » faites de bois et de terre, jusqu’aux burons voûtés dont les ruines se dressent encore dans les montagnes.  

De nombreux articles, conférences et une exposition (au musée d’Aurillac en 2013) ont été consacrées au bilan de ces passionnantes recherches archéologiques et historiques.

Le livre est destiné aux non-spécialistes. Il est complet, clair et très bien illustré, avec un prix de vente très raisonnable.

 


 

 

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Un ancien habitat déserté (non fouillé)
Vue d'ensemble du site
Un habitat de l'an mil fouillé et préservé par un abri pour la viste du public
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Autres panneéux apposés aux structures de protection de la maison d'habitation de l'an mil fouillée
Autre batiment fouillé : peut-être un atelier
Les panneaux de présentation du site et de l'historique de la recherche
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Chateau de Naucaze (à gauche le corps de logis flanqué de tours rondes, à droite les vestiges de la tour à base caréee englobée dans la construction du 17è siècle)

Redécouverte du château de Naucaze, commune de Saint-Julien-de-Toursac.

C'est une corps de logis vraisemblablement datable de la fin du Moyen Âge, flanqué de 4 tours,probablement du XVe siècle (sous toutes réserves. La prudence voudrait qu'il soit fait des analyses de mortier avec fragments de charbon de bois pour l'étude au C14.). Elles présentent des canonnières à la base de 3 d'entre elles. Plus au sud, depuis les travaux magnifiques de restauration de l'ensemble du site, on découvre une tour à base carrée, d'environ 7 mètres de côté, qui correspond bien à ce que l'on a longtemps appelé les tours romanes mais sur lesquelles nous n'avons aucune certitude. L'accès se fait à partir du premier étage et on voit bien dans la voûte de la première salle qui donne sur le plancher de celle du premier étage une ouverture qui servait à accéder à la "réservée" (et non aux oubliettes) en cas de siège. On accédait à la tour par un porte à peu près à 7 mètres de hauteur à l'aide d'une échelle qui était enlevée en cas de siège. D'autres exemples proches sont bien connus comme le château Saint-Etienne à Aurillac, la tour de Belbex, la tour de Naucelle, la tour des Falhiès etc.Côté logis avec tourelles rondes d'angle et de façade, on observe des canonnières, qui , si elles sont d'origine permettent de dater la construction du bas Moyen Âge.On peut supposer que la richesse de la famille de Naucaze leur a permis d'améliorer l'aspect du château en élaborant un bâti du 17e siècle, bien daté par les des clefs de voûte du 17è siècle, à moins que l'inscription de la datation ait été gravée plus tard, ce qui parait peut probable. L'architecture classique est extrêmement soignée, et permet la jonction des bâtiments médiévaux avec même un alignement de façade côté est. Les voûtes néoclassique ont permis l'aménagement d'un passage, peut-être des charrois, carrosses et chevaux.Ce qui nous amènent à l'architecture interne des écuries du 17è siècle, dont la voûte à large portée (près de 10 mètre) est remarquablement élaborée, et tout à fait comparable à celle de les écuries de Chantilly, tant dans son appareillage soigné que dans la jonction des fenêtre à la voute, des coupes "tulipé" et la liaison entre la grange et les écurie qui permettaient le passage du grain et du foin?. Il semblerait que 80 chevaux aient pu être contenus, ce qui ne parait pas impossible. Ceci fait de cet ensemble architectural une pure merveille digne d'une grande famille de notable d'une richesse assurée. Un arrondi annexe aux écuries distinguable dans la maison du fermier pourrait évoquer non pas un tour mais une sorte de carrière ou de manège pour exercer les chevaux. À voir...Actuellement le site appartient à la communauté de communes de la châtaigneraie cantalienne.

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Les écuries du 17è siècle du château de Naucaze
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"LA RECHERCHE ARCHEOLOGIQUE DANS LE CANTAL"

dans la RHA n°1 et 2,  2018


Présentation par Frédéric Letterlé, conservateur du SRA d’AURA



Elle a été publiée sur deux trimestres par la RHA à l'initiative de la SARA sous la direction de Jean-Philippe Usse en concertation avec les deux responsables du SRA D'AURA : Frédéric Surmely pour la partie occidentale du Cantal et Fabien Delrieu pour la partie orientale.

(Élise Nectoux est en charge de la ville d'Aurillac).

La FAAC (Fédération des associations archéologiques du Cantal s'est impliquée dans la parution de ces deux tomes en en finançant une partie), la SARA a quant à elle participé à l’élaboration de la maquette. Les nombreuses planches de cartes et dessins de céramiques ont toutes été éditées ce qui a permis aux jeunes chercheurs doctorants (ou déjà docteurs) de publier in extenso le résultat de leurs travaux en couleurs devenus ainsi accessibles aux réseaux d'archéologues pour lesquels ce sera une mine où puiser des informations comparatives pour faire avancer leurs propres recherches dans d'autres régions.


Si vous le souhaitez, des conférences peuvent être organisées sur les sujets abordés dans les deux tomes.Faites-nous le savoir dans la rubrique "Écrivez-nous".




Dossier 1 : La recherche archéologique dans le Cantal-1


– Découverte d’un fragment de poignard en silex du Grand-Pressigny au col de Cabre (Mandailles) par -Frédéric Surmely, avec la collaboration de Jean-François Pasty et Stéfan Tzortzis.

Résumé : La découverte d’un fragment de poignard en silex, à quelques dizaines de mètres du col de Cabre, aux sources de la Jordanne, amène à s’interroger sur la circulation des biens et des personnes entre les versants occidental et oriental, à travers les cols du Cantal. Enfin la question du peuplement de plein air, toujours sous-représenté pour des raisons essentiellement liées à la taphonomie, reste récurrente. Les caractéristiques de cette lame de silex permettent d’identifier celle-ci comme un poignard pressignien (Grand-Pressigny - Indre-et-Loire) de la fin du Néolithique. La présence de cet objet, au cœur du massif du Cantal.


– Le peuplement du Nord-Est cantalien à l’époque romaine. Recherches anciennes et nouvelles opérations archéologiques par Maxime Calbris.

Résumé : Les campagnes de recherches archéologiques menées dans le cadre d’une thèse depuis 2015, ont permis d’améliorer nos connaissances sur le peuplement antique dans la moyenne montagne du Cézallier. Il s’agit, après un examen de la bibliographie concernant la zone d’étude, de présenter les résultats des prospections pédestres et géophysiques réalisées sur les sites des Veyrines à Landeyrat et de Mathonière à Allanche.


– Les aurières du district aurifère de Prunet (sud d’Aurillac, Cantal)par Élodie Hubert et Philippe Abraham.

Résumé : En France, dans les massifs montagneux, d’anciennes mines d’or en roche à ciel ouvert sont parfois visibles dans le paysage. Ces aurières consistent en fosses à profil en U/V et bordées de déblais miniers sur leurs bords supérieurs. Ces vestiges miniers anciens, bien étudiés et fouillés pour partie en Limousin sont datés de l’âge du Bronze à la fin du second âge du Fer. Ces données constituent le référentiel archéologique le plus complet du corpus sur la question. La découverte d’aurières, au sud-ouest du Cantal (district de Prunet), par des prospecteurs-géologues du BRGM, est venue alimenter ces recherches. Sur ce site, des premières prospections archéologiques furent menées en 2000 mais sans poursuite des investigations. Depuis 2016, l’étude archéologique minière de ces chantiers est reprise. À partir d’archives du BRGM et de missions de terrain, les données ont été mises à jour et fortement complétées. Un premier inventaire avec état des lieux pour ce district minier inédit a été réalisé. Désormais, des fouilles archéologiques sont nécessaires pour identifier la chronologie de ces sites.


 - les sarcophages de l'Antiquité tardive et du haut Moyen Âge dans le Cantal par Jean-Philippe Usse et Annie Rassinot

Résumé : Ces dernières décennies les fouilles archéologiques ont mis au jour des nécropoles assez conséquentes dans le Cantal. C’était donc l’occasion de compléter l’étude publiée en 2000 dans le bulletin archéologique de la région d’Aurillac en délimitant la géographie des sites ayant livré des cuves, en précisant les périodes d’utilisation, la diffusion de ce mode d’inhumation sur le territoire cantalien, leur organisation au sein de l’espace funéraire, enfin en actualisant la trame possible d’une typo-chronologie des sarcophages cantaliens. L’étude a permis de montrer que c’était pendant une période qui comprend l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge que le mode d’inhumation pour les populations sans doute aisées était le sarcophage monolithe dont la roche provenait de carrières locales. Cette étude résume un travail d’inventaire de sarcophages réalisé pour le PCR Saint-Géraud qui complètera l’étude des sarcophages en pierre et monoxyles découverts dans l’enclos de la Sainte-Famille.

 

-Sauvegarder des souterrains médiévaux à Arnac et à Montvert (Cantal), par Jean-Philippe Usse et Annie Rassinot.

Résumé : Deux souterrains découverts en 1983 dans le Cantal ont fait l’objet d’une mise en valeur qu’ils doivent à l’initiative et au travail des collectivités locales. Cette démarche vise à mettre ce patrimoine à disposition des chercheurs qui peuvent en faire une étude approfondie grâce aux moyens technologiques plus récents adaptés à l’archéologie comme le scanner, au point réussir à mieux comprendre l’utilisation de ces souterrains. Mais l’idée est aussi de sensibiliser le public intéressé et soucieux de la sauvegarde de son patrimoine, même le plus modeste.


Dossier 2 : La recherche archéologique dans le Cantal-2


– Essai de géographie protohistorique en Haute-Auvergne : nouvelles données et approches par Florie-Anne Auxerre-Geron

Résumé : La Protohistoire en Haute-Auvergne a fait récemment l’objet d’une thèse de doctorat, soutenue à l’université de Toulouse Jean-Jaurès. La région a constitué une zone d’étude exceptionnelle, notamment parce que les hautes terres sont de réels conservatoires pour les aménagements de toutes époques, et en particulier les tertres et tumulus protohistoriques. Elle s’est ainsi présentée comme un véritable laboratoire où approches statistiques et spatiales ont pu être menées. Cet article présente les principaux apports de l’étude, mais aussi des opérations de terrain qui ont pu être menées. L’observation en particulier des sites de hauteur, naturellement fortifiés, mais aussi des nécropoles tumulaires, nous permet en effet aujourd’hui d’approcher la question de l’occupation de ces contextes topographiques particuliers, sur le long terme, ainsi que de l’interaction homme/milieu et des liens entre hautes terres et zones plus basses. Nous proposons ainsi un essai de géographie protohistorique qui amène discussions et nouvelles perspectives de recherche.

 

 – Les occupations protohistoriques et tardo-antiques du Suc de Lermu à Charmensac : état des lieux et données nouvelles par Fabien Delrieu, Florie-Anne Auxerre-Géron, Sandra Cha­bert, et Cécile Moulin

Résumé : Mentionné par Pierre-François Fournier en 1954 et objet de campagnes de sondages dans les années 1960 en parallèle aux travaux de recherche d’Alphonse Vinatié, le suc de Lermu, petit plateau basaltique de la commune de Charmensac, a fait l’objet d’une campagne de sondages conduite par Fabien Delrieu en 2016. Confirmation a été faite de l’occupation du site au cours de plusieurs séquences chronologiques s’étalant pour l’heure du Bronze final IIIb à l’Antiquité tardive qui donne au suc de Lhermu une bonne place dans le corpus des sites de hauteur du Massif central bien inscrit dans les réseaux d’échanges entre le centre et le sud de la Gaule.


 - Les potiers à l’époque moderne en Haute-Auvergne par Hervé Ginalhac

Résumé : L'artisanat potier de Haute-Auvergne à l'époque moderne est peu connu. Cinq extraits de documents (baux de location, prix-faits de four) donnent des informations sur cette activité au XVIIe siècle.


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